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Cosmétiques et sécurité : pourquoi les alertes réglementaires se multiplient en Europe

Selon Certified Cosmetics, les cosmétiques ont représenté 36 % des alertes de produits dangereux enregistrées par le système européen Safety Gate en 2025.

Cosmétiques et sécurité : pourquoi les alertes réglementaires se multiplient en Europe

L’idée reçue consiste à y voir la preuve que les produits cosmétiques seraient globalement de moins en moins sûrs. Les données citées indiquent plutôt une multiplication des signalements liée notamment à l’interdiction de certains ingrédients, dont le Lilial et le TPO. Pour les formulateurs et les petites marques, le point critique n’est donc pas uniquement la recette: c’est la veille réglementaire appliquée à chaque formule commercialisée.

Le chiffre de 36 % ne signifie pas que toute une catégorie est à risque

Une alerte Safety Gate concerne un produit signalé comme dangereux ou non conforme. Elle ne permet pas, à elle seule, de conclure que tous les produits de la même catégorie présentent le même problème. Il n’est pas non plus possible d’en déduire qu’une marque entière ou qu’un type d’ingrédient est systématiquement concerné.

Le chiffre publié par Certified Cosmetics doit donc être lu comme un indicateur de contrôle et d’application des restrictions:

  • les cosmétiques représentent 36 % des alertes recensées en 2025;
  • les cas cités sont principalement associés à des ingrédients interdits, notamment le Lilial et le TPO;
  • une alerte vise un produit, un lot ou une formule déterminée;
  • l’augmentation des alertes ne constitue pas, à elle seule, la preuve d’une dégradation générale de la sécurité cosmétique.

Cette distinction est essentielle en savonnerie artisanale. Un signalement réglementaire ne valide ni n’invalide automatiquement une matière première naturelle, un procédé de saponification ou une famille complète de produits. Il impose d’identifier précisément la formule et le motif de l’alerte.

Le TPO montre que la conformité évolue après la mise au point

Cosmetics Business rapporte que l’interdiction du TPO est entrée en vigueur en Grande-Bretagne le 15 août 2026, avec l’interdiction de mettre sur le marché des produits qui en contiennent. Le TPO est associé aux produits pour les ongles en gel. Sa classification comme substance CMR toxique pour la reproduction a conduit à son interdiction dans les cosmétiques selon la source.

La conséquence méthodologique est directe: une formule conforme lors de sa conception peut nécessiter une réévaluation lorsqu’une restriction change. La conformité ne peut donc pas être traitée comme une étape unique, effectuée avant le premier lot puis archivée.

Pour une marque de cosmétiques solides ou de savons artisanaux, il est nécessaire de vérifier au minimum:

  • la composition exacte de chaque référence encore vendue;
  • la présence éventuelle de substances faisant l’objet d’une interdiction récente;
  • la cohérence entre la formule réellement fabriquée et les informations communiquées sur le produit;
  • les références utilisant des matières premières communes à plusieurs recettes;
  • le statut réglementaire applicable au marché ciblé.

Cette logique concerne également les petites productions. Une gamme courte réduit le volume de contrôle, mais ne supprime pas l’obligation de suivre les évolutions applicables aux ingrédients employés. Le risque opérationnel apparaît lorsqu’une même matière première est intégrée à plusieurs formules sans révision globale du portefeuille.

La règle de formulation à retenir

Le contrôle d’un cosmétique ne s’arrête pas à la validation initiale de la recette. Chaque changement de statut d’un ingrédient peut modifier la situation d’un produit déjà commercialisé.

Point à vérifierLecture correcte
Alerte Safety GateElle concerne un produit, un lot ou une formule identifiée
Part de 36 %Elle mesure la proportion d’alertes attribuées aux cosmétiques en 2025
Lilial et TPOLeur interdiction peut expliquer certains signalements
Formule déjà contrôléeElle doit rester suivie lorsque la réglementation évolue
Produit naturel ou artisanalCes qualificatifs ne remplacent pas la vérification réglementaire

La règle d’or est donc simple: une formule n’est pas définitivement conforme parce qu’elle a déjà été contrôlée; elle doit rester documentée et réévaluée tant que le produit est vendu.